ECOUTEZ NOS EMOTIONS REND LIBRES !

par  Ilios Kotsou, in Cerveau et Psycho.




L'intelligence émotionnelle est souvent citée comme un facteur de réussite au travail. Quelles qualités comptent de ce point de vue ?

La façon de se mettre en relation avec ses émotions joue un rôle de premier plan dans la prise de décision. Depuis les travaux du neurologue Antonio Damasio, on sait que la prise de décision implique les émotions, ce qui a bouleversé l'image qu'on avait de l'être humain, parfaitement rationnel. Damasio a montré que les personnes atteintes de lésions de zones émotionnelles du cerveau prennent de moins bonnes décisions. Parallèlement, l'incapacité à identifier ses sentiments est associé à des difficultés de prise de décision dans la vraie vie. 
Les émotions nous renseignent sur nos priorités.

Comment utiliser ses propres émotions pour améliorer sa prise de décision ?

Damasio avait étudié un patient incapable de nommer ses sentiments suite à un accident ayant touché le cortex préfrontal. Cette incapacité à nommer ses sentiments est une pathologie: l'alexithymie, où les patients sont désorientés par rapport à ce qu'ils ressentent, ne parviennent pas à mettre des mots sur leurs émotions, et se trouvent à la fois angoissés, incapables de les exprimer ou les réguler pour une vie adaptée en société. L'alexithymie est associée à de moins bonnes relations sociales et à une plus forte mortalité. D'où l'importance de savoir bien déchiffrer nos émotions ppour vivre en bonne intelligence avec soi-même et les autres. Lorsqu'on sait identifier nos sentiments, les exprimer de manière adaptée, les réguler, on devient capable de prendre en compte les signaux que nous adressent nos émotions, et de répondre efficacement. 

Quels sont ce fameux messages que nous adressent nos émotions ?

Un exemple connu est celui des coups irrécupérables, " sunk costs". Prenez le cas d'un dirigeant d'entreprise qui a invest des sommes importantes pour développer une technologie en interne. Il apprends alors qu'une entreprise concurrente travaillant sur le même créneau est en faillite, que cette entreprise à investi de son côté pour se doter de la même technologie, si bien qu'il serait avisé de la racheter à un prix avantageux pour récupérer ses résultats acquis et de se doter ainsi de l'avantage technologique recherché. Dans la majorité des cas, les dirigeants placés dans cette situation préfèrent continuer à investir sur leur propre recherche, quitte à payer plus cher. Ce comportement irrationnel procède d'une mauvaise intelligence émotionnelle.

Les émotions semblent nous gouverner...

Les grandes émotions comme la peur et a colère ont un effet très simple: nous pousser à agir vite pour sauver notre peau. Dans un contexte comme celui du paléolithique, elles nous ont permis de prendre la fuite ou d'attaquer de façon fiable et rapide. Simplement, notre environnement a changé il y a environ 10 000 ans avec l'apparition des premières sociétés agraires et des civilisations de plus en plus complexes. Il ne faut donc plus directement passer à l'action, par des élans immédiats. Il est improtant d'introduire une distance entre l'émotion et l'action. Nous devons nous rendre compte de l'irruption de nos émotions en les nommant; ça permet d'agir de manière adaptée au contexte.

Comment augmenter notre capacité à détecter et comprendre nos émotions ?

Nous sommes toujorus câblés pour agir sous l'impulsion de nos émotions. C'est pour cela que pour aller plus loin, il va falloir faire appel aux capacités de neuroplasticité de notre cerveau, pour développer les aires cérébrales et les connexion de substance blanche qui donnent accès aux ressentis. Un moyen est la méditation de pleine conscience, on acceptent les émotions, on les apprivoisent au lieu de les fuir. On étudie le contexte de leur apparition, et on ne cherche plus à les éviter. On brise ainsi un comportement automatique, souvent inadapté.

L'intelligence émotionnelle serait-elle un moyen de nous rendre plus libre ?

L'intelligence émotionnelle permet de passer d'une situation où l'ont est gouverné par ses émotions à une situation où l'ont agit en âme et conscience après avoir consulté nos émotions. Les personnes qui sont dans une stratégie d'évitement émotionnel sont gouvernées par leurs émotions puisque celles-ci restent non-conscientes et oeuvrent en sous-marin. L'évitement émotionnel altère nos capacités de raisonnement ; l'effort mental qu'il impose demande beaucoup d'énergie et réduit les ressources cognitives. La personne se coupe des messages que peut lui adresser son environnement par l'intermédiaire de ses émotions et cherche à fuir les contextes associés. 
Les émotions sont légitimes. Il est fondamentale d'essayer de comprendre ce qui les déclenche !

Liens:

Images Arts: Aziz et Cusher
Mag: Cerveau et Psy,  juin 2017, Comment utiliser ses émotions ?

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

LA PHOTOTHERAPIE ET LE BLUES HIVERNAL